22 octobre 2007

ce qu'elle distille dans ses sms: j'ai envie d'une pastille à la lune au goût de jaune qui gôme la bouche d'orange

Est-ce que tes rêves raisonnent toujours du rire aux éclats de Dieu? Attends-tu toujours Ta Lettre de Poudlard? Converses-tu pendant des heures avec la lune? Te parle t-elle de moi parfois? Chantes-tu dans tes toilettes? T'interdis-tu de compter les étoiles pour ne pas avoir de boutons sur les doigts? Est-ce que tu as la nostalgie du temps où j'étais jalouse de toi ? Est-ce que tu es heureuse? Pratiques tu encore le voyage astral? Danses-tu les yeux fermés près des fenêtres en te prenant pour le chef d'orchestre pour distordre les angoisses? Crois-tu toujours aux fées? Depuis quand n'as tu pas démêlé tes cheveux ? Comptes-tu les jours qui te séparent de Noël ? Est-ce que tu te réveilles la nuit pour boire un verre de lait ? Croques-tu dans le savon avant de l'acheter ? A quoi ressemble la nuque du jeune homme qui s'assoit le plus souvent devant toi dans ton amphithéâtre? Colles-tu aux murs de ta chambre les feuilles d'automne qui tombent au hasard à tes pieds? Pries-tu tous les soirs? Tes rires tonitruants retentissent-ils dans ton appartement ? Est-ce que tu pleures encore de colère? Ecris-tu toujours sur Mylène? As-tu des pulsions comme autrefois ? Tes poches sous les yeux sont-elles plus noires que les miennes ? Dois-je t'avouer qu'au moment même où le téléphone sonne je me doute que ce sera toi au bout du combiné ? A quoi ressemblent tes dimanches? A qui rêves-tu les nuits?
Dois-je t'avouer que j'ai peur de t'oublier? Que je ne sais plus imaginer ta voix? Que je pourrais en pleurer, à cet instant là? Es-tu tellement loin? Est-ce que les liens invisibles entre nous virent-ils véritablement au monochrome? Est-ce que c'est dans ma tête que tu manques à ma vie? A-t-on le droit de s'oublier un peu ? Est-ce que la pluie qui gicle à tes pieds est la même que celle qui envahit ma chambre par les fissures des murs moites? Qu'est-ce qui nous réunit encore? Les souvenirs ont-ils la même importance dans nos caboches de gamines capricieuses? Qu'est-ce que tu disais déjà sur le canapé vert? Que tu n'avais pas d'autre amie que moi? Est-ce qu'on en avait pleuré cette fois là? Est-ce qu'on aura encore le coeur amer comme ce soir là, autour de nos infusions après avoir écorché les derniers secrets? Est-ce que tu devines toujours en moi? Est-ce que deviner est devenu notre jeu préfèré même à distance? Te souviens-tu des cadavres exquis qui nous faisaient perdre la tête, parce qu'on écrivait exactement ce que l'une ou l'autre avait en tête? La télépathie peut-elle fonctionner autant entre deux êtres si fondamentalement différents? Est-ce que l'imagination nous joue des tours? Est-ce que tu sais pour moi? Est-ce que tu devines pour les vers de Rimbaud m'enlèvent un peu chaque jour? Entends-tu les mêmes morceaux d'accordéons joyeux qui distillent au bas du ventre l'apothéose des jours de fêtes, comme dans l'enfance? Est-ce que tu sais pour dans ma tête? Pour ces mêmes pensées qui m'obsèdent? Est-ce que tu es au courant de mes mauvaises pensées? Est-ce que tu as les mêmes idées ? Vois-tu aussi la petite fille qui marche en haut des murets les yeux fermés une cigarette à la bouche? Est-ce qu'elle te nargue aussi? Est-ce que tu attends aussi d'entrer dans une légende? Qu'advient-il de nos héros, de notre école de la vie, patientent-ils dans le néant du manque d'inspiration et de la pénurie de mots? Est-ce que la vie, c'est ce heurter pas à pas aux lacunes? Reviens-tu de temps en temps? Empruntes-tu la voie des airs pour voyager? Dois-je faire confiance au vent qui me dit constamment qu'il pourrait jouer les intermédiaires si je voulais bien le laisser faire? Est-ce que le vent me ment? Est-ce que c'est dans ma tête? dans ta tête? Où en sommes-nous dans l'odre de nos idées? Pourquoi délaissons-nous constamment le fil conducteur de toute chose? Est-ce qu'on aime les chemins de traverses? Est-ce qu'on refait le monde de nos questions? ?

20 octobre 2007

[ l'été qui gicle dans nos mèches délurées ]

[Se réconcillier avec la vie. ]
Mon matelas me murmure des tas d'inepties pendant mes nuits.
Sans rire, j'ai l'impression qu'il tente d'entrer en communication directe avec moi !(?)
Je crois avoir décelé des signes d'une activité jusqu'alors insoupçonnée entre les ressorts de mon matelas moelleux.
C'est bel et bien dans la mousse du lit entre le fer grinçant et les plumes blanches des oiseaux qui ont gentiment voulu prêter leurs ailes pour nos délirantes envolées nocturnes, que se réfugient les songes quand la nuit fait volte-face, juste quand le soleil commence à poindre entre les volets entrebaillés.
Imagine toi. Une colonie de rêves qui grouillent et s'agitent dans mon matelas et qui n'attendent que l'instant où je poserai ma joue contre l'oreiller, pour s'infiltrer en file indienne entre mes draps chauds puis dans ma caboche, par mon nez, ma bouche, mes oreilles et même sous mes cils et paupières closes. Est-ce que nos fantasmagories font la fiesta dans la moiteur de nos dessous de lits?
Ma tête à couper que jadis la marchande de rêve a fauté avec l'inventeur de la literie.

19 octobre 2007

[ Puisqu'on est entre nous, il faudra bien que je vous dise ]



Et atterrir.
D'une quelconque façon, on est toujours amené à revenir aux sources. Avec l'instinct des criminels fébriles retournant sur les lieux du crime. Retourner toujours sur ses pas, Remettre les pires méfaits. Réactualiser les plus grandes faiblesses. Quitte à retomber dans nos bons vieux pièges d'enfants qui avancent à tâtons. Sans jamais tirer les vraies leçons. La vie est ce cercle vicieux, cyclique et délicieusement ponctué de ces singulières impressions de déjà-vu qui nous hantent. Foncer droit vers les murs les plus hauts. L'inaccessible en seul point de mire. L'absolu en seule ambition.
Et (ré)atterrir.
La où le bas blesse. Encore. L'écriture est une douleur. Celle que je préfère de loin. Et que j'aime réiterer. On penserait que j'ai des penchants masochistes. . Il faut croire que récidiver c'est ce que je fais de mieux.