4 juin 2008

Bouteilles et Génie

j'ai dévidé uns à uns les flacons de parfums qui traînent sur la commode, dépoussiéré les années d'enfance contenue et de joies adolescentes, versé tour à tour les liquides colorés et les senteurs, goutte après goutte dans le trou noir du lavabo bleu comme l'Immense, jusqu'aux dernières fragrances qui expiraient une dernière fois dans l'air chaud et embué . J'ai mis à mal les certitudes, embouteillé les indécisions, mélangé les "c'est toi qui décides" aux " qui vivra verra". Dans la fiole aux questions, j'ai fait couler ton image, et derrière, ton prénom. J'y ai glissé une bêtise, ou deux peut-être, des milliers de soupirs, et pour l'équilibre alchimique quelques uns de tes fous rires, nos souvenirs, tous ceux qui pèseront dans la balance.
La nuit se charge de secouer le tout. En attendant, mon bain refroidit.

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