
Je traque matin midi et soir le rouquin du faubourg saint martin.
Celui qui passe, qui disparaît sans jamais laisser de traces. Pour une caresse d'automne et un caprice des yeux.
Pour des nuits sans sommeil, des journées sans soleil.
Quand je ne pose pas mes lunettes à l'horizontale au bout de mon nez, je réhabilite les sourires mutins, M0nsieur B me compare à l'eau qui dort, j'ai, paraît-il la folie de ceux dont on ne se méfie jamais assez. C'est ce à quoi je pense lorsque je détache mes cheveux, plaque quelques mèches de ce qui me reste de frange derrière les oreilles, défais les coutures de gentille secrétaire irréprochable. j'ouvre grand les portes et les fenêtres, transforme ma chambre en vestibule à courants d'air, à bruits d'enfants, à bruissements d'arbres et battements d'ailes.
Je deviens une caisse de résonance, je me subsume sous les courtes foulées d'un cœur qui pré-sent la bêtise, j'en ai le tournis jusqu'à oublier même de respirer à intervalle régulier: j'écris rature et gomme, coupe associe et colle, des mots de couleurs, des lignes absurdes, des lettres de sirop. A glisser entre les ailes froissées de mes fusées de papier. Je crois qu'elles ne volent pas bien haut, elles finissent probablement toutes par se tromper de fenêtre, s'écrasent entre les doigts de garçons qui n'ont peut-être pas les joues naturellement en feu et des cheveux roux qui sentent la bonne humeur et le chèvrefeuille. On pourra dire ce qu'on voudra, on s'en fout bien du prénom ou de l'âge quand on a tout un visage pour soi à inventer.
Voilà, c'est dit, et c'est une grande folie, une maladresse de fille. Je suis atteinte du syndrome du facteur qui a le mal de l'air et lettres d'amour arrivées à bon port. Il se pourrait qu'imaginer mes petits bouts de papier chiffonnés sous des matelas en mousse, cachés entre deux dictionnaires, en miette au fond d' un tiroir de table de chevet ensoleille mes journées. Il se pourrait que je sois complétement dingue. Et ce n'est encore qu'un début d'histoire à inventer.
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