Les petites mains de la pluie toquaient à la fenêtre.
0h12. L’heure de toutes les jolies histoires.
Les rafales nocturnes s’invitent, s’engouffrent. Au mur les volets blancs s’écaillent toujours un peu au fil du temps. On souffle les bougies, on prend place, on murmure. L’air est doux, parfumé, estival. La rumeur parcoure la chambre. Tous les petits esprits ballottés par les vents que la chaleur séduit se tiennent dociles mais excités à l’embrasure. De temps à autre, s’élève des chuchotis le gémissement outré d’un petit fantôme bousculé par un acolyte espiègle. Bientôt s’estompe l’agitation aussi promptement qu’elle s’est installée. On l’attend maintenant dans la pénombre et un silence de morts. On sait qu’elle viendra ce soir. Puisqu’elle vient tous les soirs. La fillette à l’accordéon. Qui danse sur les gouttières.