29 mai 2008

(1) en attendant que mon thé refroidisse

Les petites mains de la pluie toquaient à la fenêtre.
0h12. L’heure de toutes les jolies histoires.
Les rafales nocturnes s’invitent, s’engouffrent. Au mur les volets blancs s’écaillent toujours un peu au fil du temps. On souffle les bougies, on prend place, on murmure. L’air est doux, parfumé, estival. La rumeur parcoure la chambre. Tous les petits esprits ballottés par les vents que la chaleur séduit se tiennent dociles mais excités à l’embrasure. De temps à autre, s’élève des chuchotis le gémissement outré d’un petit fantôme bousculé par un acolyte espiègle. Bientôt s’estompe l’agitation aussi promptement qu’elle s’est installée. On l’attend maintenant dans la pénombre et un silence de morts. On sait qu’elle viendra ce soir. Puisqu’elle vient tous les soirs. La fillette à l’accordéon. Qui danse sur les gouttières.

Thé et Nudités.

Carrillone la pluie battante, tu changes la lumière des ampoules.
Il y a du thé dans ta tasse, et des herbes tout au fond qui se mèle aux reflets. Nue, les vêtements, le verrou. Portes qui grincent, aux paupières, maquillées de trainées disgracieuses de crayon noir et de larmes. Tu as ses baisers sur les joues, un peu dans le cou. Et des caresses.