Tu dégoulines contre les vitres. Sur l'extérieur bleuté le ciel électrique déteint partout et sur la peau. Le cœur, à s'ébattre, est un centre névralgique, le carrefour alchimique d'une mise en scène délurée, le tableau pluviotant d'une beauté camée, diluée, à percussion. Theatrum mundi d'inspiration aquarelliste.
Il y a l'odeur des pluies qui sont comme des perles crachées contre ton front, les parfums épars de violette et d' herbes, dans l'air humide et chaud, tu n'es qu'un souffle passant sur un miroir.
Ta jupe à demi transpercée bat contre tes flancs, grisée et la tête renversée dans la lumière, tu ne trembles pas de voir ces lignes de rosée monter en diagonales.
Le ciel n'est plus qu'une grande tenture qui ploie, son ouate déchirée et trouée écrase sous sa masse délavée tous les sons et la nuit qui t'étreint par les hanches est une force perçante et primitive, tu tends l'oreille au sourd refrain de ses cantilènes.
Par des brèches clandestines sur l'imprécis de la toile, des filets de lumière, intervalles de lucidité, recouvrent désormais comme de la peinture ton visage, ta gorge, détrempés. Substance de vertiges, perceptible à la chair.
Il y a l'odeur des pluies qui sont comme des perles crachées contre ton front, les parfums épars de violette et d' herbes, dans l'air humide et chaud, tu n'es qu'un souffle passant sur un miroir.
De lourds ruisseaux ondoyant sur ta nuque courent entre tes omoplates.
Bruine, ondée, averse, t'inondent comme un immense canal, tu es trombe de pluie, réceptacle charnel de tensions électriques, convulsions d'une grande folie.
Grisée et la tête renversée. Le ciel est une étoffe blanche qui écume à tes yeux, vides et trempés comme les rues désertées le soir d'un orage.
Toute la nuit à te diluer dehors, à voltiger au dedans.
Corps pluvieux, paravent de lumières.Tu prends l'eau puis le large.
A l'heur d'être passagère, souveraine, irréelle.
10 mai 2009
Sors de cette eau tu es folle
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