Des fois, il faudrait juste un bon coup de pied aux fesses pour tout recommencer.
Changer sa garde robe, se couper les cheveux, s'offrir un percing à l'arcade, supprimer les vieux messages, enregister une messagerie de téléphone plus fun, jeter le contenu de sa trousse à la poubelle et les petits mots qu'on s'écrit en version de latin, déchirer des copies un peu ratées en mille, tomber amoureuse du premier garçon à l'allure dégingandée qu'on aperçoit à la table d'en face. On n'a pas trouvé mieux. Si c'était possible, bien sûr, je me la jouerais bien à la Kate Winslet, j'effacerais volontiers ma mémoire amoureuse. Je peux toujours courir. Ce soir, j'écris comme on parle au bord de la passerelle, de façon mécanique, comme dit Monsieur B., sans vraiment y réfléchir. C'est un peu l'attitude que j'ai adoptée depuis que. Je flotte, je survole, je papillone au dessus de mon plateau de petit déjeuner en chosissant une fourchette à la place du couteau, et renversant la moitié du contenu de mon bol de céréales sur mon manteau. Sans parler de ma veste enfilée à l'envers qui me vaut encore des regards amusés.
Demain est un jour particulier mais je ferai en sorte de l'oublier. Etre tête en l'air c'est une façon comme une autre d'être intouchable.
Vendredi, je ferme mes cahiers, des brouillons bleus, roses et verts, j'en ferai une déclinaison de confettis. Avec les filles de l'internat, on a prévu une séance photos. Ca anime les discussions et les fantasmes pendant les épreuves de concours. On s'imagine finir toutes à poil pour le bien du beau, pour le bien de l'art.
René Char est ma bouée de secours, je tapisse mes murs de poésie comme on se gargarise de sirop contre la toux. Je n'oublie pas de faire des listes, d'écrire des petites histoires dans un français correct. Je me console de Novembre comme d'un amour déçu en faisant des projets compulsifs. J'ai acheté mon billet de concert pour Caravan Palace, et les préparatifs de la fête de Noël investissent mon esprit. Avignon, Berlin ou la Pologne, il faudra bien essaimer comme on peu, ici ou là, les miettes incolores de cette histoire qui s'éternise.
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Changer sa garde robe, se couper les cheveux, s'offrir un percing à l'arcade, supprimer les vieux messages, enregister une messagerie de téléphone plus fun, jeter le contenu de sa trousse à la poubelle et les petits mots qu'on s'écrit en version de latin, déchirer des copies un peu ratées en mille, tomber amoureuse du premier garçon à l'allure dégingandée qu'on aperçoit à la table d'en face. On n'a pas trouvé mieux. Si c'était possible, bien sûr, je me la jouerais bien à la Kate Winslet, j'effacerais volontiers ma mémoire amoureuse. Je peux toujours courir. Ce soir, j'écris comme on parle au bord de la passerelle, de façon mécanique, comme dit Monsieur B., sans vraiment y réfléchir. C'est un peu l'attitude que j'ai adoptée depuis que. Je flotte, je survole, je papillone au dessus de mon plateau de petit déjeuner en chosissant une fourchette à la place du couteau, et renversant la moitié du contenu de mon bol de céréales sur mon manteau. Sans parler de ma veste enfilée à l'envers qui me vaut encore des regards amusés.
Demain est un jour particulier mais je ferai en sorte de l'oublier. Etre tête en l'air c'est une façon comme une autre d'être intouchable.
Vendredi, je ferme mes cahiers, des brouillons bleus, roses et verts, j'en ferai une déclinaison de confettis. Avec les filles de l'internat, on a prévu une séance photos. Ca anime les discussions et les fantasmes pendant les épreuves de concours. On s'imagine finir toutes à poil pour le bien du beau, pour le bien de l'art.
René Char est ma bouée de secours, je tapisse mes murs de poésie comme on se gargarise de sirop contre la toux. Je n'oublie pas de faire des listes, d'écrire des petites histoires dans un français correct. Je me console de Novembre comme d'un amour déçu en faisant des projets compulsifs. J'ai acheté mon billet de concert pour Caravan Palace, et les préparatifs de la fête de Noël investissent mon esprit. Avignon, Berlin ou la Pologne, il faudra bien essaimer comme on peu, ici ou là, les miettes incolores de cette histoire qui s'éternise.
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