J'entends des portes qui claquent, des courses dans l'escalier. Il y un jeune homme, il attend cette jeune fille qui n'est pas moi. Il s'impatiente, regarde l'heure, la montre est si fine, transparente sur la peau laiteuse de son avant-bras. Je crois qu'il en est amoureux. Je crois que ça me déchire vraiment au bas du ventre quand je me replie sur moi-même dans un coin sombre de ma chambre d'internat pour pleurer. Ce qui me bouleverse au réveil me boulverse toute la journée. Les sensations nauséeuses réapparaissent lorsque plus tard, au téléphone, la voix de mon père me prie, me presse et finalement je pleure. Il faudrait lui raconter ces choses que je ne dis jamais et qu'il sait pourtant. C'est ce qu'il me répète à l'autre bout du combiné. Comme sur le fauteuil vert d' Hélène, lorsqu'elle me dit qu'il a pris toute la place, il est question de personnalité qui se décolle, d'amitié, d'orgueil.
Il faudrait appeler, se donner un rendez-vous nulle part, puis prendre le train. Je n'en ai pas la force. Pas après ce que j'ai découvert.
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