14 avril 2010

L'instant d'après

On table de bon matin sur l'ivresse, sans garde fou
La liqueur amortie des airelles d'un tendre avril
Tavelle nos gorges pentues à l'aurore trépassée.
Tu chantes un refrain qui ne parle plus d'amour,
Ta cigarette tremble, tu dis que tu n'as pas faim.
Mon corps tressaille, tressé, garrotté à tes reins
Même si l'on a vingt ans, il reste que ce matin
On est, sans y toucher,
Deux cœurs moins limitrophes.
J'ai encore sur les lèvres la gerçure prolongée de l'envers
D'un hiver,
L'arrière-goût éteint des souvenirs d'hier.
A te mordre des yeux, croquée dans l'intuition d'un adieu qui se trame,
L'instant s'attarde un peu.
Sous les treilles, improbables, la guirlande fruitée de nos riens
Éclot dans l'air du soir des rumeurs enfantées de nos aigres humeurs.
Je ne l'entends plus, déjà, l'amnésique écho de nos fiascos usés,
Comme tes sandales grises laissées sur le muret
De toutes tes amours avortées.

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