Sur le balcon, il ne reste de la veille que les bouteilles de bières, les notes de guitare ont fondu au soleil.J'entends les voisines sur leurs terrasses respectives, c'est drôle ce que les gens sont bruyants quand arrivent les beaux jours.
J'ai déserté les cours, les livres et dénudé mes jambes.C'est insolent de lâcher prise juste au moment ou la vie reprend.
Alors que le printemps dégivre encore les dernières peines, j'attends que le soleil me brûle les cuisses.
La symétrie des balcons, on en ferait presque un titre de roman. C'est frappant comme on est tous pareils sous le soleil.
Les fenêtres sont ouvertes, le linge sèche gaiement, les fleurs pavoisent en étirant leurs corolles.C'est une question de nudité, de spontanéité fluide à étaler partout sur la peau. Il suffirait de faire pareil.
Et Mr N. qui me disait presque jour pour jour, il y a deux ans, qu'en réalité j'étais bien trop cérébrale. Il n'a jamais été autant dans le vrai qu'à cet instant.
J'ai cette fâcheuse manie de récidive.
Lorsque tout s'accélère, que les mécanismes se mettent enfin en branle, quelque chose hurle au fond de ma tête.
C'est une histoire de tempo, de métronome tyrannique qui ne me plaît pas du tout.
Ce qui me fait dire que si un jour je me métamorphosais en moment, je serais la fuite, si c'était en objet, je serais une partition et ses notes non alignées, la fugue.