18 décembre 2009

le kitsch et l'oubli

bordeaux 2008- la belle année
octobre 2009- décembre 2009 Avignon
Quelques nuits de vacances ?
j'aime les coïncidences rousses.

15 décembre 2009

En découdre

Je ne me souviens pas de cette robe verte trop grande pour moi. Tu dis qu'elle est fleurie, beaucoup trop grande. Quand tu parles de moi au passé, je sais bien qu'on a la même idée en tête, bien fixée oui. Cet air un peu abîmé, l'allure débraillée, mais le sourire flottant des enfants de sept ans pour qui avoir les genoux écorchés et quelques dents en moins est déjà un beau début de liberté. Je ne me souviens pas de cette robe, mais je n'ai aucun mal à me l'imaginer, un tissu passé de mode, passé de corps en corps qui me drape des épaules jusqu'au bas des cuisses. Héritage vestimentaire d'une fratrie de filles, moule distendu, anachronique.
Je ne sais pas bien de quelles ombres je me drape aujourd'hui, ni dans quel tissu je me prends les pieds quand je sens que ma vie n'est plus qu'un flottement. Bien sûr, il faudrait tout découdre, analyser maille par maille le texte depuis l'enfance. Les coutures ne craquent jamais pour rien.
Ta voix au téléphone, c'est un sursaut de conscience, un retour aux sources. Tu assistes mes humeurs, supportes mes sautes de boussole, tellement patiemment, toujours avec beaucoup d'affection. Et je sais que ce souvenir d'enfance te coûte un peu la fierté d'un père qui ne parle jamais au passé pour ne pas sombrer trop loin. Quand tu glisses sous mes pas mes propres empreintes, quand tu rajustes le reflet de mon miroir en me rappelant un visage, une silhouette, une envergure, je sais que tu as saisi encore mieux que moi le fil directeur de cette histoire. Tu n'en as pas vraiment l'air, et peut-être que cette idée ne vaut pas vraiment son pesant d'or, mais aujourd'hui je réalise que tu connais tes enfants presque mieux que leur propre mère.
Ce qui me saute aux yeux, c'est cette foultitude de corps dans lesquels je me cherche. Je sais que le travail est toujours à refaire, il y a toujours un décollement, un accroc. Peut-être n'a-ton jamais de corps que celui du passage. Corps médians. Ne tiennent plus qu'à un fil.

Vendredi 11 décembre 2009

Lorsque je suis entrée, bien sûr, je ne t'ai pas vu d'emblée. Parfois on peut se dire que tu n'as pas la trempe de ceux qui ne jouent pas d'invisible. Tu m'as demandé de me taire, tu m'as demandé de m'asseoir. J'ai choisi le banc le plus loin,vieux réflexe d'écoliere. Mais tu ne postillonnes pas, d'ailleurs tu parles en demi-teinte, si bien que je ne sais jamais qui ne nous deux fait l'effort de se comprendre.
Il n'y avait pas d'urne à piécette, pas de bougies, pas de tronc d'arbre pour y murmurer des secrets.A toi seul tu es un peu l'arbre qui cache toute ma forêt. Juste toi, moi, quelques soupirs entre quatre murs et des raies de lumière qui perçaient par le vitrail orange.
Tu m'as vue faire cette chose surprenante, ce geste creux, un geste du vide. Posture de vent, contenance de désespoir. Je me suis couverte la tête de mon foulard, ai serré mon visage contre mes paumes. Tu n'as pas ri, tu n'as pas cillé. Mon Dieu, oui, je sais bien ce qui t'a traversé l'esprit, le monde aurait pu s'écrouler, ici et maintenant, on est si bien à deux dans le silence.
Tu as pris ma honte, mes secrets, mes promesses comme on décharge un navire arrivé à bon port. Et si mes yeux mouillaient à ton rivage, c'était par gratitude. J'entendais la rumeur étouffée des enfants qui expirent leur joie dans une cour de récré. C'était comme se retrouver quelques années en arrière, comblée, étendue sur le sable, aveuglée par l'ardeur du soleil de plomb, à l'intérieur de soi-même lorsque le temple du corps hésite entre deux états, ballotté encore par le remous des vagues dans une forme de sérénité émue. A corps et à cris, je me souviens à ce moment n'avoir voulu d'océan que le tien.
D'emblée, je ne t'ai pas vu, je ne t'ai jamais vu, tout court. Et pour mieux t'apercevoir, j'ai dû fermer très fort les yeux. On ne joue pas à cache-cache dans les chapelles.

la Soupirante



Oui, la chose curieuse. Ce n'est pas dans l'ordre des choses d'être une perdante. Des bras qui sont des portes béantes. Battantes. On ne collectionne pas les gémissements comme on se fait une pile de coquillages. Petite gloriole des dix-sept ans, s'en va, s'en va, vient, vous délaisse.
On se remet de tout, même des marées
. Mais le bruit du vent, on a vite fait de l'oublier. Souffler, c'est mentir, on aime pas les souffleurs. Disent-ils, îles, ceux qu'on jette à la mer. Personne ne fait le guet. On a éteint le phare. Leur faire miroiter ces mirages qu'ils ne verront même pas!
Dans l'ordre des choses. La mer puis les soupirs. Du vent, on n'en veut pas. Les gens s'attendent-ils toujours sur les quais quand il neige? Mais c'est une autre histoire. Des portes ouvertes à enfoncer. Je suis à bout.

6 décembre 2009

à part tenir.



Tes valises sous les yeux, j'en ferais mes voyages.
Pans d'or à tes chevilles,
pirate sur ton rivage
Femme fardée, qu'effare l'équipage,
tout corps qui se dévoile est une promesse d'outrage.

5 décembre 2009

le p'tit rouquin du faubourg saint martin.



Je traque matin midi et soir le rouquin du faubourg saint martin.
Celui qui passe, qui disparaît sans jamais laisser de traces. Pour une caresse d'automne et un caprice des yeux.
Pour des nuits sans sommeil, des journées sans soleil.
Quand je ne pose pas mes lunettes à l'horizontale au bout de mon nez, je réhabilite les sourires mutins, M0nsieur B me compare à l'eau qui dort, j'ai, paraît-il la folie de ceux dont on ne se méfie jamais assez. C'est ce à quoi je pense lorsque je détache mes cheveux, plaque quelques mèches de ce qui me reste de frange derrière les oreilles, défais les coutures de gentille secrétaire irréprochable. j'ouvre grand les portes et les fenêtres, transforme ma chambre en vestibule à courants d'air, à bruits d'enfants, à bruissements d'arbres et battements d'ailes.
Je deviens une caisse de résonance, je me subsume sous les courtes foulées d'un cœur qui pré-sent la bêtise, j'en ai le tournis jusqu'à oublier même de respirer à intervalle régulier: j'écris rature et gomme, coupe associe et colle, des mots de couleurs, des lignes absurdes, des lettres de sirop. A glisser entre les ailes froissées de mes fusées de papier. Je crois qu'elles ne volent pas bien haut, elles finissent probablement toutes par se tromper de fenêtre, s'écrasent entre les doigts de garçons qui n'ont peut-être pas les joues naturellement en feu et des cheveux roux qui sentent la bonne humeur et le chèvrefeuille. On pourra dire ce qu'on voudra, on s'en fout bien du prénom ou de l'âge quand on a tout un visage pour soi à inventer.
Voilà, c'est dit, et c'est une grande folie, une maladresse de fille. Je suis atteinte du syndrome du facteur qui a le mal de l'air et lettres d'amour arrivées à bon port. Il se pourrait qu'imaginer mes petits bouts de papier chiffonnés sous des matelas en mousse, cachés entre deux dictionnaires, en miette au fond d' un tiroir de table de chevet ensoleille mes journées. Il se pourrait que je sois complétement dingue. Et ce n'est encore qu'un début d'histoire à inventer.